Burger King: 9 CRS jugés huit ans après avoir frappé des gilets jaunes

2 godzin temu
Des policiers CRS patrouillent devant le Palais de Justice de Paris (Image symbolique) (Photo by Thomas COEX / AFP) (Photo by THOMAS COEX/AFP via Getty Images) Getty Images

Neuf membres des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) ont comparu lundi devant le tribunal correctionnel de Paris, près de huit ans après avoir frappé des manifestants «gilets jaunes» dans un Burger King. L'affaire marque un tournant dans la communication sur les violences policières et illustre la brutalisation du maintien de l'ordre lors du mouvement social de 2018.

Les policiers sont accusés de violences volontaires avec plusieurs circonstances aggravantes. Ils encourent jusqu'à sept ans de prison et 100 000 euros d'amende. Le procès, prévu sur trois jours, examine les événements du 1er décembre 2018, lors de l'Acte 3 des «gilets jaunes».

Polémique autour des uniformes

Huit des neuf prévenus se sont présentés en uniforme à l'audience, provoquant l'indignation des avocats des parties civiles. Maître Arié Alimi a dénoncé cette apparence : «Ça établit d'ores et déjà une différence entre les parties civiles et les prévenus.» Maître Moad Nefati a renchéri : «L'uniforme fait partie du narratif.»

Le tribunal a demandé aux policiers de retirer leurs insignes pour poursuivre l'audience. Leur avocat, Maître Laurent-Franck Liénard, a défendu ce choix en rappelant le statut particulier de ses clients : «Ce ne sont pas des prévenus comme les autres, ce sont des prévenus qui sont agents de l'État. C'est bien en qualité de représentants de l'État qu'ils sont là.»

Une journée particulièrement violente

Les faits se sont déroulés avenue de Wagram, dans le 17e arrondissement, près de l'Arc de Triomphe. Des manifestants s'étaient réfugiés dans un Burger King fermé pour échapper aux gaz lacrymogènes. Les CRS de l'unité 43, basée à Chalon-sur-Saône, avaient reçu l'ordre d'évacuer les lieux «le plus rapidement possible avec au besoin usage de la force pour les extraire en cas d'opposition».

Le juge d'instruction a qualifié cette journée de «particulièrement violente» qui «a constitué l'une des journées, voire la journée la plus difficile en termes de maintien de l'ordre et de gestion des manifestants». À Paris, 5 500 personnes avaient manifesté, 318 avaient été placées en garde à vue et 263 personnes avaient été blessées, dont 23 forces de l'ordre.

Reconnaissance de violences illégitimes

L'enquęte a révélé que les CRS ont frappé certains manifestants sans sommation, alors męme que plusieurs d'entre eux ne manifestaient aucune hostilité. Le juge d'instruction a noté que «les autorités hiérarchiques ont reconnu que l'intervention n'était pas légitime».

Le commandant de l'unité avait demandé à ętre mis en examen aux côtés de ses subordonnés, mais le juge a refusé. Il a néanmoins estimé que «les responsables hiérarchiques du commandement pour cette journée auraient pu prendre des décisions plus adaptées au contexte particulièrement violent pour la journée». Maître Nefati y voit «une occasion manquée de remonter la chaîne de commandement».

Maître Liénard a plaidé le contexte exceptionnel : «On juge de manière normale des faits qui étaient hors norme. Mes clients ont été opposés à des centaines et des centaines de manifestants avec des niveaux de violence inédits.»

Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).

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