Les permis de construire rebondissent de 15%, mais le retard reste massif

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Chantier de construction d'immeubles illustrant la reprise du secteur du logement en France (Image symbolique) (Photo by MYCHELE DANIAU / AFP) Getty Images

Les permis de construire en France ont augmenté de 15% en 2025 et les mises en chantier de 5%, selon une première estimation du Ministère de la Ville et du Logement publiée vendredi. Malgré cette reprise, les chiffres restent nettement en-dessous des niveaux d'avant-crise et du nouvel objectif gouvernemental de 400 000 nouveaux logements par an. Les 379 222 permis délivrés restent 8,8% inférieurs à la moyenne des cinq dernières années, tandis que les 274 611 logements mis en chantier accusent un retard de 21,3%.

La crise du logement frappe depuis trois ans. Pierre Madec, économiste spécialiste du logement à l'Observatoire français des conjonctures économique (OFCE), qualifie la hausse d'«une bonne nouvelle» mais souligne la gravité du déficit accumulé. «Depuis début 2022, il y a plusieurs centaines de milliers de logements qu'on n'a pas construits et qui manquent», déclare-t-il. Cette crise résulte de plusieurs facteurs : les coûts de construction ont augmenté, les taux d'intéręt ont monté et freiné les achats immobiliers, et les aides à l'investissement locatif se sont arrętées.

Un nouveau dispositif fiscal pour stimuler la construction

Le gouvernement a introduit dans le projet de budget 2026 un nouveau statut du bailleur privé, que le ministre du Logement Vincent Jeanbrun pourrait baptiser de son nom. Selon le ministre, ce dispositif vise à «permettre de construire près de 50 000 logements en plus par an». Il devrait générer plus de 500 millions d'euros de recettes fiscales. Il remplace le dispositif Pinel, mais le gouvernement n'a pas évalué son coût à long terme.

Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), voit dans ce statut la clé du rebond. «La vraie reprise aura lieu grâce au statut du bailleur privé», affirme-t-il. Les promoteurs déposent actuellement des permis en prévision d'une amélioration éventuelle, mais n'augmentent pas leurs mises en vente. Boulanger considère les ventes aux investisseurs comme un «élément déclencheur pour lancer la construction d'immeubles», sachant que le démarrage d'un chantier nécessite souvent 50% des logements vendus.

Des doutes sur l'efficacité du dispositif

L'objectif de 400 000 logements par an correspond à la moyenne historique des 20 dernières années. «Ce n'est pas une ambition démesurée, c'est juste une ambition de retour à la normale», estime Pierre Madec. Pour atteindre ce chiffre, il faudra construire 130 000 logements de plus qu'actuellement. Bernard Coloos, du groupe logement de Terra Nova, juge que «faire 130 000 logements de plus, c'est un effort considérable».

Si Coloos considère que «le statut du bailleur privé est indéniablement positif pour la construction neuve», Pierre Madec se montre plus réservé. Il salue le conditionnement des avantages fiscaux à des plafonds de loyers, mais estime que «le ciblage aurait pu ętre meilleur». L'économiste doute que le mécanisme suffise à atteindre l'objectif gouvernemental. Bernard Coloos anticipe que les effets se feront sentir dans les mises en chantier l'année prochaine, tout en notant que l'élection présidentielle pourrait ralentir cette dynamique.

Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).

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