Alain Orsoni, figure emblématique du nationalisme corse, a été assassiné lundi à l'âge de 71 ans lors des funérailles de sa mère. Cet événement tragique illustre la violence persistante qui frappe le clan Orsoni, profondément ancré dans l'histoire du nationalisme et du banditisme insulaire.
Le destin violent semble poursuivre cette famille. Le frère d'Alain Orsoni, Guy, avait été assassiné le 17 juin 1983 à 26 ans, son corps n'ayant jamais été retrouvé. Le FLNC avait alors mené des représailles sanglantes en 1984, tuant deux membres du grand banditisme dans la prison d'Ajaccio.
Du nationalisme à l'affairisme
Alain Orsoni incarnait une figure complexe du nationalisme corse. Ancien leader du FLNC, il avait créé en 1990 le Mouvement pour l'autodétermination (MPA) après une scission majeure, s'opposant alors à la Cuncolta Nazunalista menée par Charles Pieri et François Santoni. Ses adversaires l'avaient ironiquement rebaptisé «Mouvement pour les Affaires».
La trajectoire d'Alain Orsoni a basculé vers le monde des affaires. Un rapport confidentiel de la Juridiction inter-régionale spécialisée de Marseille sur le banditisme corse entre 2009 et 2019 explique qu'il avait quitté la Corse en 1996 pour 13 ans «en raison de ses velléités affairistes et de son appétit financier». En exil en Floride puis au Nicaragua, il «dirige l'implantation de casinos, de restaurants et de machines à sous».
Son retour en Corse en 2008 a été marqué par la violence. Quelques semaines après, il a échappé à une tentative d'assassinat. Trois ans plus tard, en 2011, des membres du gang rival du «Petit Bar» ont été condamnés pour cette attaque. En 2012, deux proches sont assassinés: son avocat Antoine Sollacaro en octobre, puis Jacques Nacer, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Corse-du-Sud, en novembre.
Le fils, figure majeure du banditisme
Guy Orsoni, fils d'Alain et né le 30 mai 1984, est aujourd'hui emprisonné. Les autorités le qualifient de «figure majeure du banditisme corse». Condamné en mai à 13 ans de prison pour tentative d'assassinat, il a lui-męme échappé de justesse à un commando à moto en 2018.
Le rapport de la Jirs de Marseille révèle que Guy Orsoni a «tout d'abord organisé son activité autour du trafic de stupéfiants, se constituant ainsi une assise financière confortable». Il a ensuite cherché à «poursuivre l'action offensive contre l'équipe du +Petit Bar+ en orchestrant des actions violentes ayant pour but l'élimination de membres».
En janvier, un vice-procureur de la Jirs de Marseille a demandé son renvoi aux assises pour l'assassinat de Jean Livrelli, un retraité tué par erreur le 23 août 2018 à Bastelica.
L'AC Ajaccio, dernier chapitre trouble
Alain Orsoni avait présidé le club de football AC Ajaccio à partir de 2008, démissionnant officiellement en 2023 mais restant impliqué jusqu'à l'été 2025. Le club a été placé en liquidation judiciaire en août suite à de graves difficultés financières. Deux enquętes visent l'AC Ajaccio pour extorsion, escroquerie et faux.
En octobre, la Commission fédérale de discipline de la Fédération française de football a sanctionné Alain Orsoni pour avoir fourni une fausse garantie bancaire de 15 millions d'euros. Le club a été exclu des compétitions nationales.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).

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